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 Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]

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MessageSujet: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Dim 24 Juil - 16:35

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Un homme comme moi, j'entends par là un individu de ma race, foncièrement supérieur en tous points à ce que pourrait être ma pâle copie humaine, si bien physiquement que mentalement, dispose d'une énergie et de ressources qui se veulent illimitées pour peu que la nourriture suive. Et me nourrir, ça je le fais. Vampire, mes "repas" se composent pour l'essentiel de sang humain, puisque je trouve les animaux pour le moins fades et indigestes. Si je n'ai pas de réel plaisir morbide à chasser puis tuer, ou syndrome de Jérusalem consistant à me prendre pour Dieu et ôter la vie comme je l'entends, je dois avouer que je ne laisse jamais la moindre pointe de faim venir tenter mes entrailles. Si l'on rassemble ces deux facteurs, à savoir le fait que ma condition physique dépasse de loin celle de l'homme de base, et que je me nourris à ma faim, il convient alors de se demander comment, moi qui passe le plus clair de mon temps enfermé entre quatre murs, parvient à lutter contre ma puissante nature et le torrent d'énergie qui irradie mes veines en quasi permanence...

Si je m'écoutais, si j'écoutais mon corps, alors je crois que je me laisserais aller aux travers de certains de mes congénères, appelés sur de sanguinaires chemins, ou qui malgré eux réduisent en un rien de temps tout ce a quoi ils ont pu tenir. Pour moi ce serait cette grande demeure construire sur un modèle Élisabéthain, restaurée sur des bases gothiques, que j'ai acquit à mon arrivée à Everstown et que j'habite depuis. Il me peinerait de voir ce bel ouvrage de sculptures et vitraux réduits en poussières par mon fait. Je tiens aux belles choses, plus encore lorsque comme cette maison elles sont chargées d'un lourd passé historique... Comme moi. Cette maison se ressemble, y faire le moindre dégâts serait me ravager moi-même. Tout homme doit être maitre de soit, qu'il soit mort ou vivant. Si je laissais libre court à ma sombre nature enfin, je pourrais briser cette petite vie innocente que je perçois par accoups au rez-de-chaussée.

Moi sous les combles, deux étages nous séparent. Moi et la petite étudiante modèle qu'il m'a plus d’embaucher pour s'occuper de ma florissante collection de plantes, arbustes, arbres, et... que sais-je ? Toute cette verdure acquise en même temps que la maison, et ornant de la façon la plus délicieuse le jardin d'hiver que j'aime tant. Rose comme elle s'appelle, est aussi discrète que faire se peut, au point que mes sens vampiriques la perdent encore de "vue" maintenant que les effluves de peinture agressent mon odorat. Pour pallier à mes besoins, j'ai trouvé en la peinture un moyen de me dépenser autant mentalement que physiquement. Curieux peut-être pour qui n'a jamais installé une toile si grande qu'elle avale tout du sol de lattes aux poutres du plafond, et peine à laisser de l'espace d'un mur à l'autre de la pièce. J'aime les ouvrages de grande taille, j'aime étirer mes muscles pour en barbouiller chaque coin, battre la toile à grands renfort de pinceaux presque secs ou au contraire dégoulinants, empoigner le seau pour en faire jaillir avec brusquerie la peinture sang et ténèbres sur la surface immaculée, ou y plonger mes doigts et mains que je trimbale à ma guise d'un bout à l'autre de mon monstrueux ouvrage.

Je ne suis point artiste, je n'ai pas cette prétention de créer des œuvres même si ce que je produis vaudrait aisément quelques bizarreries qui m'eut été donné de voir dans certaines galeries d'Everstown entre autre. Pour passer mes nerfs je peint grand, brusque, sauvage et dégoulinant, la peinture macule mon torse nu, mes avants bras et les murs aussi surement que du sang. Mon visage lui même n'en réchappe pas. Si mon défunt père posait le regard sur le gentilhomme qu'il a fait de moi voila des siècles, il s'en retournerait dans sa tombe. D'autre fois cependant je le rendrait fier, lorsque mon pinceau est tendre et serein, que je couvre la toile pour me détendre, et qu'il en ressort un quelconque portrait, paysage... Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui, depuis quelques heures maintenant je m'évertue à passer mes nerfs et mon énergie sur cette œuvre immense qui finira comme les autres, brûlées au fond de mon jardin par manque de place et de goût pour les garder. Elles ne servent qu'à mon bon vouloir, et mon bon vouloir veut suer présentement... du moins au figuré.
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Dim 24 Juil - 18:14

Normalement, j'aimais le silence et ce calme planant qui étaient presque constamment présents ici, chez Lucan James Baxter, mon patron.
C'était le seul endroit à part chez moi où je pouvais réfléchir tranquillement, sans bruit ni interruption d'un quelconque professeur ou élève de mon université. De toute façon, là-bas je n'étais concentrée que sur une chose : les cours, les leçons, donc pour résumer : la médecine.
A la fin de ma journée de cours, j'avais tellement réfléchi, assimilé et résonné que ma tête semblait s'être transformée en tambour ambulant. Avant, je rentrai directement chez moi, et je me prenais une aspirine pour calmer mon mal de tête avant de me nourrir rapidement et de filer sous la couette. A présent, et depuis l'ultimatum fort déplaisant de mes parents, mon aspirine était cet endroit qui était devenu en quelque sorte mon havre de paix.

Cette maison avait un charme à l'ancienne qui m'avait charmée dès le premier regard : ancienne et pleine de mystères ; elle convenait parfaitement à celui qui l'habitait : Lucan. Dès que je l'avais rencontré, cet homme était devenu une énigme pour moi. De ce que je savais de lui, j'avais compris qu'il réussissait tout, pas à la perfection tout le temps, mais c'était déjà quelque chose ! Voilà pourquoi je me demandais parfois pourquoi il avait besoin de moi pour m'occuper de ses plantes. Car oui, j'étais celle chargé de la vitalité de ses jardins, autant intérieurs, qu'extérieurs. Cette activité me permettait de laisser mes pensées vagabonder comme elles le voulaient, et cela me faisait un bien fou. Néanmoins, depuis un certain temps, elles vagabondaient un peu trop souvent à mon goût du côté du bel homme de vingt-sept ans qui se trouvait en ce moment en même à l'étage, en train de faire je ne sais quoi. Très souvent, il allait s'enfermer dans cette pièce que, même si la curiosité me dévorait, je n'avais jamais visitée. Un de mes professeur m'a dit que la curiosité était un défault et à la fois une qualité. De mon côté, c'était surtout un défault.
Bref, revenons à notre mouton principal : mon patron. Comme je l'ai déjà dit, il ne me laissait pas indéfférente : quelque part, je me sens plus proche de lui que de tous mes amis d'université. Il me ressemble beaucoup et en même temps pas du tout. C'est assez difficile à expliquer, moi même je ne comprenais pas vraiment ce que je ressentais exactement vis-à-vis de lui. En tout cas, sa présence et nos échanges de piques sont devenus un peu mes petits plaisirs quotidiens. Ce qui prouvait que ma vie était franchement palpitante.

Plongée donc dans mes pensées, en train de m'occuper de La Folle, nom que j'avais donné à la plante carnivore la plus embêtante de toutes, je n'entendis pas tout de suite que quelqu'un était en train de forcer la porte. En fait, je n'entendis rien du tout car je compris qu'il y avait un voleur au moment où celui-ci s'engouffra dans l'habitacle. Prise de panique, je n'eus qu'un minime instant la pensée que le niveau de sécurité de cette serrure était zéro avant de foncer vers l'escalier, faisant tout mon possible pour être discrète.
Puis, je me précipitais vers la porte de la pièce où se trouvait la seule personne à laquelle j'avais pensé dès le début : Lucan.
Ouvrant la porte à la volée, je la retins avant qu'elle n'aille s'éclater contre le mur et signaler notre présence. A bout de souffle, je découvris alors un Lucan torse nu, recouvert de tâches de peinture rouge sang, en train de peindre avec passion sur une grande toile.
Le souffle coupé, j'oubliai alors le voleur, complètement tétanisée par la bouffé de désir qui m'avait envahie dès que mes yeux s'étaient posés sur sa peau nue, parfaitement tendue, et les muscles bien dessinés de son torse.
Soudain, il se tourna vers moi, ses prunelles terriblement envoûtantes me regardant d'une drôle de façon. De toute manière, ce n'était pas le moment d'identifier son expression car…
Passant alors ma main dans ma chevelure, je me souviens alors du voleur, et je soufflai d'une voix paniquée :

-Il… il y a un voleur qui s'est introduit dans la maison !
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Dim 24 Juil - 19:24

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J'entendis d'abord un craquement dans l'escalier, quelque chose de si rapide et isolé qu'il entra par l'une de mes oreilles pour sortir par l'autre. Ma demeure est des plus anciennes du quartier, et l'une des choses que j'affectionne particulièrement dans ces vieux murs est qu'ils ne sont jamais tout à fait silencieux. Ils craquent... ils me parlent d'une certaine manière. Je repris donc mon coup de pinceau là où je l'avais arrêté, m'accordant même a trouver un certain contentement dans cet effet interrompu... Une latte me prévins une fraction de secondes avant que la rude poignée ne tourne sur ses bases. Je stoppais net mon geste et me retournait lentement, aussi lentement que mon employée modèle faisait une irruption intempestive dans mon refuge de solitude.

Mes sourcils se froncèrent sur mes yeux et je dévisageais froidement la jolie blonde a me faire face, encore essoufflée de sa course dans mes interminables escaliers. Ne lui avais-je pourtant pas dit, le jour de sa visite et de la signature du contrat nous liant, qu'il n'y avait aucune plante au dernier étage et donc aucune raison à ce que je l'y trouve un jour ou l'autre ? Si bien sûr, les combles étaient ma pièce, mon endroit, ma tanière. Je sentis mes narines frémir à l'arrivée de son parfum jusqu'à moi, et roulais des mâchoires, plus que contrarié. Comme tous les animaux, j'étais territorial, et acceptais assez peu l'irruption d'une proie potentielle dans mon nid, mon antre... Et chacun sait ce qu'il arrive à la proie venue se jeter dans la gueule du loup.

Le mutisme de Rose se brisa cependant alors que je me détournais pour abandonner mon pinceau sur ma palette. Allais-je lui hurler dessus un bon coup ? La pousser dehors dents serrées ? L'éconduire d'une tirade glaciale ? Je penchais plus pour une remise à sa place d'un ton courtois quoi que sans équivoque, lorsqu'elle s'exprima la première :

-Il… il y a un voleur qui s'est introduit dans la maison !

Du pinceau mes mains se déplacèrent au chiffon taché qui me servait à débarbouiller mes doigts de temps à autre. Ce que je fis sommairement en fixant résolument le plancher, conscient que ma petite contrariété avait du troubler mon regard de pourpre et déformer sommairement mes traits. Voila pourquoi je lui avais interdit implicitement cet étage à mon humaine à la main verte : je m'y retranchais uniquement lorsque mon humeur oscillait dangereusement, me rendant donc instable.

-C'est fâcheux. Dis-je enfin lorsque, après s'être troublés de l'odeur chaude et des cheveux qu'elle venait de soulever d'un geste, mon odorat perçut une essence beaucoup moins plaisante car étrangère.

Mon ouïe rejoint bientôt le plus affuté de mes sens, et en plus de détecter une âcre odeur d'homme et de sueur, je perçut les pas lourds d'un intrus furetant de pièce en pièce. Sale fouineur... Ma discrétion quant à ma nature me joue parfois des tours, j'affectionne le luxe, mais ne songe pas que ce même luxe pourrait attirer quelque indésirable ignorant la demeure de QUI il osait ainsi violer. Si a l'image de certains confères de ma race j'avais sur ma porte une place "Lucan J. Baxter - VAMPIRE " alors il est certain que l'importun d'aujourd'hui aurait porté son choix ailleurs.

-Restez calme Rose, tout va bien se passer. Cherchais-je à tranquilliser ma vulnérable humaine, toute retournée contre cette intrusion.

En la rejoignant de mon habituel pas félin, je songe un instant combien il doit être dur d'être une femme, mortelle de surcroit, dans un monde rongé par la violence chaque jour d'avantage que la veille.

-Enfermez-vous, et attendez ici. N'ouvrez qu'à moi. Glissais-je d'un ton lointain en passant près d'elle, déjà focalisé sur une chasse inédite : celle se déroulant en plein cœur de mon repère.
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Dim 24 Juil - 20:42

Durant un moment, le Lucan que je connaissais disparut entièrement. L'homme que j'avais en face de moi semblait plus dangereux, plus… sauvage. Alors que son regard passait de moi -sa façon de me regarder était à la fois fascinant et effrayante, et j'étais presque certaine à présent qu'il allait me réprimander avant que je n'annonce la présence de l'intru- au plancher, je remarquai un changement chez lui. Ses traits légèrement déformés sous l'effet de l'agacement -oui, il n'était pas du tout paniqué, juste très irrité par la nouvelle- il observait le sol comme si celui-ci allait lui révéler ses secrets.
Prenant un chiffon, il s'essuya les mains machinalement, semblant réfléchir, puis parla d'un ton étonnament calme et posé :

-C'est fâcheux. dit-il, les narines frémissantes.

Fronçant les sourcils, je l'observais avec intérêt, le coeur battant toujours à tout rompre sous le coup de la peur. Sa réaction me dépassait : mon père, lui, aurait déjà ouvert la porte de la salle secrète qu'il avait fait construire au cas où et serait en pleine discution avec la police, les sommant de se dépêcher pour qu'aucun de nos biens de nous soit prit.
Lucan, au contraire, était d'un calme étrange et réagissait presque… comme un animal. J'avais l'impression qu'il reniflait comme s'il pouvait percevoir quelconque odeur autre que celle entêtante de la peinture fraiche, et aussi qu'il tendait l'oreille. C'était absurde de résonner comme ça ; je mettais donc ces observations sous le coup de la panique. Si je me mettais à imaginer des choses, j'étais mal partie.
Je me forçais donc à respirer profondément pour calmer mon coeur qui battait une chamade douloureuse, ne tremblant pas malgré le fait que j'étais littéralement terrifiée.
Soudain, sa voix, douce, chaude et sensuelle me parvint alors qu'il s'avançait vers moi de sa démarche souple et féline :

-Restez calme Rose, tout va bien se passer.

Haussant un sourcil, je me demandais intérieurement pour il n'avait pas déjà appelé la police. Il prenait la situation avec un détachement stupéfiant. Il me frôla, sa voix glissant de nouveau sur ma peau, mais cette voix lointaine, comme s'il était déjà autre part :

-Enfermez-vous, et attendez ici. N'ouvrez qu'à moi.

Pivotant sur mes talons, je le suivis du regard jusqu'à qu'il sorte, toujours aussi imperturbable et contrarié à la fois. Dépassée, je restai un instant sans bouger, regardant bêtement la porte qu'il venait de franchir quand ses paroles atteignirent enfin mon cerveau. Avec vitesse, je fermai la porte à clé et me reculai vers le fond de la pièce en faisant défiler dans tête mes leçons pour garder mon sang-froid. En tant que future chirurgienne, j'en avais déjà plus que la plupart des gens. Plus tard, je devrai garder le contrôle sur ma personne même quand une vie sera en train de filer entres mes doigts. Pourtant, cette fois-ci était différente : je n'étais sûrement pas en train d'opérer : j'étais en danger, et Lucan aussi. J'avais peur pour lui.
Continuant de réviser mentalement, essayant de ne pas penser à ce qui se passait en ce moment même à l'étage du bas, je me mis alors à regarder autour de moi. Des tableaux, pleins de tableaux. Ils étaient tous peints de la même manière, pareil à celui en cours ; j'en déduisis que c'étaient les créations de Lucan.

-Occupe toi ma fille, n'y pense pas, me réprimandai-je alors que mes pensées revenaient vers le voleur.

Je me mis donc à visiter l'antre secrète de Lucan, me tordant les doigts, tout en sachant que j'étais totalement inutile.
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Lun 25 Juil - 11:16

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Connaissant à la perfection ma vieille demeure et ses zones sensibles, je descendit d'un pas lent et calculé la multitude de marches me conduisant au rez-de-chaussée, évitant avec soin le moindre petit craquement susceptible de faire fuir le nuisible. Ce ne fut qu'à une volée de marche du sol que j'entendis là-haut la porte de mon atelier se refermer et la serrure tourner rapidement pour en condamner l'accès. Rose était parfois un peu longue à réagir, je pense que comme moi, elle s'attarde beaucoup trop dans ses réflexions lorsqu'une action est attendue.

Déambulant entre mes murs tel un fantôme - a-demi nu et couvert de peinture le fantôme - Je localisais sans efforts l'indésirable humain parti fureter du côté de mon salon, et de l'écran plat équipé home cinéma s'y trouvant. J'ai beau ne pas être tellement matérialiste, j'aime regarder la télévision pour passer le temps... Et comme beaucoup de membres de mon espèce, j'aime voir les choses en grand. D'un roulement d'épaules je me laisse progressivement aller à mon côté animal, l'irruption de Rose dans mon univers et celle de ce nuisible dans ma demeure ayant achevé de ronger ma belle maîtrise de moi. J'hésite cependant sur un point : biser la nuque de cet idiot et éradiquer ma vermine proprement, ou au contraire faire ça dans le sang, me nourrissant au passage ?

S'il n'y avait pas ma petite employée modèle au dernier étage je n'aurais que faire de baigner mes murs et mon sol de sang. Seulement elle est là et, elle si rêveuse, moi si soigneux des faux-semblants, Rose ignore tout de celui que je suis en réalité. Bien sûr ce n'est plus comme si nous n'existions pas officiellement, puisque désormais chacun doit s'attendre à croiser un immortel au détour d'une rue, mais il n'empêche que nous ne portons pas sur le front le mot "VAMPIRE" tatoué en lettres rouges sang... Je vois l'ombre projetée par le futur mort sur le mur de mon salon tous de gris et de pourpre, il est affairée à débranchés quelques câbles... Je m'étonne qu'il soit seul, sans complices, pour emporter une télévision aussi grande que lui. Les humains ne réfléchissent pas... Ou surestiment leurs maigres forces.

La solution parfaite viens à moi alors que je marche ouvertement à lui, toujours dans un silence impeccable dû à mes capacités vampiriques. La peinture fraiche sur mon corps me trahit par son odeur puissante, et il feint de se retourner alors que je ne suis plus qu'à un chouilla d'être sur lui. Qu'importe, hâte mon geste et m'empare de sa gorge d'un tour de bras, le bâillonnant de ma main libre au cas ou. Un gémissement étouffé, le craquement abrupt de sa nuque, et sa masse mortelle s'effondre dans mes bras. Je tends l'oreille, soucieux des petits pas de Rose toujours là-haut, dans mon antre peinturlurée... Sans plus attendre j'emporte avec soin le cadavre tout chaud de l'infortuné voleur - tiens ce jeu de mot me plait, il me faudra penser à le ressortir... - et descend à la cave avec mon fardeau de chair et de sang. Sans allumer les lumières, je traine le corps dans le recoin le plus sombre, poussiéreux, et lugubre de ma cave, et plante sans plus attendre ma paire de canines dans la jugulaire encore battante de l'homme.


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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Lun 25 Juil - 13:27

Je n'ai jamais été une fana d'art même si, petite, on m'y avait directement initiée. Je préférais largement la littérature, quoique plus la moderne de l'ancienne, même si je connaissais tous les grands classiques, voire encore plus. J'avais une culture en béton grâce à mon éducation, et je devais avouer que c'était d'une grande aide. Je savais décrire parfaitement l'oeuvre, que ce soit une peinture, une statue, ou autre, la situer dans le temps, dire avec quoi ç'avait été peint, et, parfois, j'arrivais même à deviner qui était l'artiste. Avec mes connaissances, j'aurais très bien pu travailler dans un musée.

Je me mis donc à détailler les oeuvres qui se trouvaient devant moi, certaines encore fraiches, d'autres plus anciennes. Elles avaient toutes été peintes de la même façon, un peu brusque et brutale, sauvage même. L'artiste ne s'était pas retenu : au contraire, on sentait qui se laissait aller, que c'était sa manière d'évacuer sa colère ou sa mauvaise humeur.
C'était très intéressant, moi qui me demandais très souvent comment Lucan faisait pour garder une telle maîtrise de lui-même. Aujourd'hui, j'avais ma réponse.
Contrairement à ses sujets, qui, comme j'avais pu le remarquer au fur des toiles, variaient totalement selon les envies de Lucan -parfois cela représentait un paysage, parfois un batiment, parfois une nature morte ou parfois, ça ne représentait juste rien du tout- la même couleur rouge sang revenait presque toujours dans ses peintures.
Il se défoulait, se laissait aller. Je remarquai même que certaines toiles étaient peintes avec les doigts - les traits étaient plus grossiers, moins fins qu'avec un pinceau.
Observant une à une ses oeuvres, je compris que c'était quelque chose de très personnel, et que c'était pour cette raison qu'il ne voulait pas que je vienne. C'était son moyen de décompresser, un plaisir, un secret.

Je ne me rendis compte que j'avais terminé de regarder toutes les peintures quand je n'eus tout simplement plus rien à regarder. Les peintures m'avaient tellement intriguée que je m'étais concentrée sur elles, oubliant tout du voleur. Jetant un coup d'oeil à ma montre, je me rendis compte que ça faisait déjà trop longtemps que Lucan était parti.
Sentant l'angoisse remonter, je refis un tour des toiles pour tenter de me replonger dans ma contemplation, en vain.

C'est là que je distinguai dans un coin sombre de grandes formes carrées et rectangulaires, celles de tableaux. Surement ceux qu'il souhaitait garder, sa collection personnelle.
J'avançai jusqu'à elle, dévorée par la curiosité -j'avais de nouveau trouvé un moyen de me changer les idées- et me mis à les passer en revue.
Ces toiles là étaient différentes : le style et la façon de faire étaient les même, mais en plus…calme je dirais, si cela convenait à un tableau. Ses traits étaient moins brutaux, plus soignés, et on sentait qu'il était plus détendu lorsqu'il les avait faits, souhaitant plus le faire car il en avait eu brusquement envie que pour une quelconque envie de se défouler.
Je devais avouer que son style me plaisait beaucoup, même si ça n'avait pas la grandeur d'un Turner ou d'un Constable, grands peintres anglais.
Quelque part, le style était un peu celui de l'ancien temps, avec quelques touches plus modernes et personnelles aussi.
Je bougeai alors une peinture pour voir celle qui se cachait derrière, dégageait cette dernière, et me figeai sur place.

Pendant un instant, j'eus l'impression d'être devant un miroir, avant de remarquer quelques bavures de peinture très discrètes, qui me prouvaient que c'était bien une toile, et non un simple reflet.
Ebahie, je n'arrivais pas à croire ce que je voyais là, juste devant mes yeux. C'était un portrait de moi, un magnifique portrait de moi.
Cette toile là était spécialement soignée et rafinée, faite un pinceau très fin pour que la ressemblance soit plus forte.
Le tableau était simple, mais de tous, c'était sûrement le plus beau.
J'étais entourée de roses, roses et rouges, et j'en tenais une à la main, par la même occasion. La lumière de la toile était chaude, arrivant sur mes traits comme pour me donner un air encore plus angélique.
Mes yeux étaient presque de la même couleur que les vrais, la bouche formait un beau sourire, innocent et légèremente espiègle en même temps. C'était mon sourire naturel, celui que je faisais tellement peu. Il avait su le voir, et encore mieux : le représenter.
Cette représentation de moi respirait l'innocence, presque même la candeur, la beauté, la fragilité et la vie. Comme la Rose.
Avec étonnement, je saisis alors que c'était comme ça que Lucan me percevait.

Les yeux tourjours fixés sur le tableau, je ne le lâchais pas du regard, ayant peur qu'il disparaisse avant que je n'ai pu en mémoriser chaque trait.
Soudain, un bruit me fit sursauter. Je fis volte-face, les prunnelles rivées sur la poignée qui bougeait, le tableau toujours derrière moi. Soit c'était Lucan soit… je n'osais l'imaginer.
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Lun 25 Juil - 15:44

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Moi qui cherchait à apaiser mon corps en l'allégeant d'un trop plein d'énergie, voila que je viens de m'offrir un copieux repas de ni plus ni moins cinq litres de chaud sang humain. Avec un grognement de contentement je relâche la gorge à présent détruite de mon cambrioleur, et pourlèche un long moment mes canines. Ce temps me suffit à décider quoi faire de l'encombrant cadavre : je vais le mettre au frais dans mon congélateur, telle une desperate housewive des temps modernes. D'une poigne ferme, je soulève par le col le cadavre de l'homme que je n'aurais connu en vie que quelques instants, et le traine sans le moindre effort jusqu'à l'immense bac réfrigéré que je n'utilise que rarement, jamais à vrai dire, mais je suis un homme prévoyant. Sans doute mon inconscient avait-il prévu ce jour. Je jette le corps telle une poupée de chiffon dans le bac, le referme soigneusement, et branche la prise au mur.

Tout en remontant les escaliers branlants me ramenant à la surface, je passe une main distraite sur mon menton et en ressort un curieux mélange de sang et de peinture. Mon emportement à dévorer mon intrus m'aura fait oublier toutes ces années à essayer de manger proprement. Tendant l'oreille je m'assure que ma blonde employée ne s'est pas risquée à redescendre, et daigne sortir de ma cave. Toujours sans produire le moindre bruit, je me déplace jusque ma chambre et m'enferme le temps d'une douche draconienne. Je frotte énergiquement ma peau pour en chasser peinture et sang, et efface également l'odeur de l’hémoglobine sur moi. L'eau est brûlante pour mieux me laver, mais ne réchauffe qu'en surface mon corps de glace. Les traces de mon sale petit case dalle effacées, je me revêts d'une chemise propre en lin bleu pâle, et passe un pantalon sombre.

Plus présentable que je ne l'ai jamais été aujourd'hui devant ma petite étudiante, je m'en retourne la chercher et attrape au détour d'un placard une batte de base ball que je balance nonchalamment sur mon épaule. J'ai mon accessoire, mon talent d'acteur fera le reste pour expliquer l'inexplicable. Focalisé sur la façon dont je vais bien pouvoir en revanche expliquer ma douche et mes vêtements frais sans passer pour un goujat qui l'a laissée enfermée le temps de prendre soin de lui, je tourne machinalement la poignée ancienne de mon grenier. Verrouillée.

-Rose, c'est moi, tout vas bien vous pouvez ouvrir. M'annonçais-je en glissant ma batte de base ball derrière ma nuque pour y appuyer mes bras un peu comme un crucifié.

J'espère sincèrement que ce menu incident avec l'imprudent voleur ne l'aura pas totalement effrayée, je n'ai nullement l'envie de devoir me chercher une autre "dame verte" pour mes plantes. Je n'aime pas le changement dans mon intimité, et je n'aime pas introduire de nouvelles personnes dans mon cercle de confiance. Sans compter que je m'y suis attaché à cette gentille fille. Je rumine. Une chance que l'intrus ne s'en soit pas pris à elle ! Il faut vraiment que je pense à garantir la sécurité de Rose lorsqu'elle est ici...
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Lun 25 Juil - 16:14

Je ne savais pas quoi faire alors que cette poignée tournait toujours, signe que quelqu'un essayait de l'ouvrir. Un seul coup d'oeil autour de moi me suffit pour que je comprenne qu'il n'y avait aucune sortie possible, et les endroits où je pouvais me cacher étaient rares, bien trop prévisibles.
Moi qui me moquait toujours de l'héroine des films d'horreur qui faisait toujours ce qui ne fallait pas, je devrais avoir honte. A présent, je comprenais combien sa réaction était logique. Elle était paniquée, tout comme moi je l'étais, et ne savais pas quoi faire. C'est alors que la voix de Lucan résonna derrière la porte, m'ôtant toute panique.

-Rose, c'est moi, tout vas bien vous pouvez ouvrir.

Avec un long soupir de soulagement, je remis mon corps en marche et m'avançai vers la porte, puis la déverouillai.
Dès que mes yeux croisèrent les siens, je ressentis directement rassurée -il allait bien- puis coupable. Je venais de me souvenir du tableau… du portrait de moi que j'avais bien dégagé et qu'il pouvait lui-même voir d'où il était. Comment lui expliquer ?
Et enfin, je ressentis de la confusion face à lui -pourquoi avoir fait un portrait de moi ? Ce style qu'il m'avait donné, la manière dont il m'avait représentée… Je ne savais pas quoi en penser.
Alors, je fis la seule chose qui me vint à l'esprit, un vieux réflexe d'enfant qui ne m'avait pas vraiment quittée : faire comme si de rien n'était.

Après lui avoir brièvement souri, je m'effaçai pour le laisser entrer, puis le détaillai. Il s'était rhabillé et était à présent tout propre, sans aucune tache de peinture et sentant bon le gel douche. De plus, il n'avait aucune marque de coups quelconques. D'un coup d'oeil, je remarquai aussi que ses poings n'étaient pas du tout abîmés, pas même un petit peu rouges.
Etrange…
Enfin, mon regard passa sur la batte de base ball qui est aussi était plus que propre. Peurt-être l'avait-il lavée pour ne pas me faire peur…
Après m'être assurée qu'il n'avait rien, je relevais mes yeux vers son beau visage et ne vis pas cette étrange expression animale qu'il avait avant de partir, ce qui me confirma que mon imagination m'avait joué des tours.

-Vous allez bien ? demandai-je d'une voix calme et assurée -j'avais laissé ma panique de côté et avait décidé de passer en mode concentration intense pour ne pas perdre mon sang-froid.

Même si je le savais en parfait état, je voulais m'en assurer par la parole, mais aussi, je voulais attirer son attention pour qu'il ne remarque pas le fait que j'avais trouvé mon portrait.

-Ou est-il ? ajoutai-je, parlant du voleur, ne le lâchant pas du regard.

Maintenant que j'avais totalement repris mes esprits, j'avais des questions. Et j'avais surtout très peur de sa réaction… Je tenais à ce travail plus que je ne le croyais.
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Lun 25 Juil - 17:38

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La blondinette ne tarda pas à m'ouvrir après que je me fus annoncé. Alors que je posais les yeux sur elle, scrutateur comme à mon habitude, je la trouvais un peu palote. La peur somme toute. Agitée également, elle semblait toute prête à danser d'un pied sur l'autre comme une enfant prise en faute. Et pour cause ! En arrière plan derrière elle, je ne tardais pas à découvrir la toile imposante d'un portrait réalisé voila quelques semaines. Un portrait d'elle, que je m'étais étonné d'avoir fait seulement une fois après avoir posé la touche de peinture finale. Mais que j'avais indéniablement fait, sans pouvoir me résoudre à en faire quoi que ce soit d'autre que de le ranger la, avec les autres du même genre. Ceux que je ne souhaite pas détruire, mais qu'il ne ferait pas bon accrocher à la vue de tous non plus.

-Vous allez bien ? Où est-il ? M'interrogea successivement la jeune femme, d'abord inquiète, puis plus angoissée dans sa voix.

J'entrais d'un pas mesuré dans mon antre empestant encore la peinture, et alla ouvrir les diverses fenêtres par déférence pour la petite humaine chez qui les effluves chimiques pouvaient - contrairement à moi - causer quelques dégâts.

-Je crains que notre intrus ai crut la maison inoccupée, car lorsque je suis arrivé avec ceci, je décrivis un large moulinet de ma batte de base ball comme si il s'agissait d'un club de golf, le téméraire a détallé comme un lapin ! Souris-je, m'appuyant maintenant sur ma batte comme sur une cane.

Je l'observais un instant, cherchant à deviner ce qu'elle ne me disais pas de ses sentiments et, comme son regard ne cessais d'osciller entre moi et le tableau dans mon dos, il ne me fut pas bien compliquer de deviner ce qui occupait l'esprit de la petite blonde. Parfaitement détendu, je me détournais d'elle pour contempler ce dernier. Avec ma contemplation les souvenirs liés à la peinture revinrent.

-Serais-ce trop m'avancer que de le trouver plutôt réussi ? Qu'en dites vous Rose ? Ce vous-même vous plait-il ou au contraire est-ce une offense ? Demandais-je, curieux de connaître son sentiment face à cette facette de moi à s'être exprimé ce jour là : la partie de mon cerveau baptisée Rose Blake.


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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Lun 25 Juil - 18:18

Le fait que je n'ai jamais su réellement mentir aux autres, sauf à mes parents m'était revenu au moment même où j'avais remarqué qu'il avait comprit la raison de ma gêne.
Son regard passa sur son oeuvre un instant avant qu'il n'aille ouvrir les fenêtres -en effet, l'odeur de peinture était très forte, mais je m'y étais habituée, j'avais passé du temps ici après tout.
Puis il se retourna vers moi pour répondre à mes questions angoissées, tout à fait calme :

-Je crains que notre intrus ai crut la maison inoccupée, car lorsque je suis arrivé avec ceci, le téméraire a détallé comme un lapin !

Il souriait, de son beau sourire qu'il me faisait très souvent lorsque nous parlions. C'était ce sourire qui me faisait sourire à mon tour, qui m'envoûtait puis qui revenait me hanter toutes les nuits. Clignant des yeux, je le regardais jouer avec sa batte de base ball, l'air de rien.
Ses paroles arrivèrent enfin à mon esprit, et mes doutes s'évanouirent directement. Il ne l'avait pas frappé ! Voilà qui expliquait le manque de marques de coups, et la batte toute propre. Je me sentais nettement mieux maintenant : Lucan n'était pas blessé, le voleur était parti. Tant mieux.
Il s'appuya sur la batte, détendu et souriant et m'observa pendant un moment qui sembla durer une éternité. Son regard réveillait chez moi quelque chose que j'avais mis en veille à cause de mon manque de temps : mon désir. Cet homme réveillait mes plus bruts intincts, me rappelait que j'étais une femme et que j'avais des envies, des besoins. Et aussi qu'il était tout ce que j'avais toujours voulu chez l'autre sexe.
Il se détourna de moi pour avancer vers mon portrait, me faisant sortir de mes chaudes pensées.

-Serais-ce trop m'avancer que de le trouver plutôt réussi ? Qu'en dites vous Rose ? Ce vous-même vous plait-il ou au contraire est-ce une offense ?

Durant un minime instant, je restai figée avant de m'avancer à mon tour pour m'arrêter à son côté, les yeux rivés sur son oeuvre. Il était totalementà l'aise, et je me forçai à me détendre de mon côté pour réfléchir à ses questions. Je sentismes joues picoter, signe que je rougissais, chose fréquente avec lui. Je me demandais à quoi il pensait lorsqu'il m'avait peinte. Je me demandais ce qu'il pensait de moi. Je me demandais pleins de choses, en fin de compte. Mais au lieu de poser une seule question, je répondis aux siennes :

-Je le trouve… très beau. Il est même mieux que la réalité je dirais, dis-je avec douceur, un léger sourire se dessinant sur mes lèvres, car je le pensais vraiment. Alors non, cela ne m'offense pas du tout, continuai-je en me tournant vers lui.

La fille sur ce portrait était très belle. Un simple sourire, un certain regard, et elle était magnifique. Elle semblait fragile, adorable, innocente. Pleine de vie aussi. Etais-je tout ça ?
Lucan me voyait donc vraiment ainsi, ou c'était-il juste amusé à me rendre plus belle que je ne l'étais vraiment ?


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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Mar 26 Juil - 11:38

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Je la vis rougir sans surprises. Car je m'y attendais, Rose est une femme si discrète que je savais d'avance que voir une part d'elle - son visage - étalé sous ses yeux et peint de ma main déclencherais chez elle une émotion quelconque. Gêne, ravissement, timidité, autre, je ne sais. Depuis que j'ai cessé de les ressentir pour la quasi totalité d'entre elles, les émotions humaines m'ont échappées et sont devenues mystères. Le rougissement de la jeune femme en revanche ne m'échappe pas, et n'est que pour me plaire. Il me permet de mieux la décrypter tout en me passant de mots.

-Je le trouve… très beau. Il est même mieux que la réalité je dirais. Alors non, cela ne m'offense pas du tout.

Bien que je m'attendais à cette réponse en un sens, puisqu'il aurait fallut qu'elle soit vaniteuse voire d'une pudeur hors du commun pour me cracher au visage que j'avais violé son image en osant la reproduire sans son accord, sa réponse me titilla quelque peu. Elle était si humble, Rose... Ça se ressentait dans ses mots, lorsqu'elle se trouvait moins charismatique que son portrait. A croire qu'elle n'avait pas conscience de la beauté à animer ses traits. Et quelle beauté, elle n'était que candeur, innocence, vie, cette petite étudiante aux longs cheveux blonds comme les blés et à la bouche bouton de rose faite pour sourire et enchanter. Son regard ombragé et romantique était ce qui m'avait donné le plus de mal sur la toile, car ses yeux mêlaient séduction, passion, et sagesse, humilité... Une femme enfant en somme, délicieuse petite Rose à la voix de miel et sentiments confus.

Toujours à son côté, je glissais un poing sous mon menton et me plongeait sensiblement dans la contemplation de ma toile :

-Une simple copie ne saurait être à la hauteur de l'originale. Je me retournais vers elle pour surprendre son regard de l'instant. Voila ce que je pense, moi.

Elle parut surprise de mon propos, à tel point que son regard prit la fuite devant le mien pour osciller entre le plancher et son portrait. Y avais-je mis trop d'intonation ? Il m'arrivait parfois de charmer de ma voix sans le vouloir, et sans en avoir pleinement conscience. Je ne désirais pas user de mes "dons" sinon traitrises vampiriques sur Rose. Elle n'était ni ma proie, ni mon ennemie. Seulement la compagne de quelques heures trois jours par semaines, et parfois la seule personne que je voyais dans le mois... Pris d'un élan d'affection pour ma douce petite humaine, j'apposais une main sur son épaule et la pressait légèrement :

-Loin de tout narcissisme, si vous l'aimez, vous pouvez emporter ce tableau, Rose. Il serait plus à sa place entre vos mains que dans ces combles.
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Mar 26 Juil - 14:50

Je le sentis me détailler alors que je m'étais de nouveau tournée vers son oeuvre pour ne pas avoir à affronter son regard. La plupart du temps, je me fichais de ce que les gens pensaient de moi. J'avançai la tête haute sans jamais réagir aux insultes ou aux commentaires obscènes sur ma personne : leur avis comptait peu, seul le mien entrait en compte.
A présent, je me rendais compte que celui de Lucan comptait aussi pour moi. Je ne voulais pas qu'il me voie mal, qu'il me juge de la mauvaise façon. C'était très étrange de penser de cette façon alors que je ne l'avais jamais fait jusque là.
Je sentais ses yeux, que je savais d'un bleu extraordinaire et incroyablement envoûtant, posés sur ma personne, pensifs ou scrutateurs, je n'aurais su le dire. De toute façon, mon corps réagissait toujours de la même façon, se consumant de l'intérieur.
Soudain, il ouvrit la bouche pour commenter ma réponse à coup sûr, et je ne pus m'empêcher de pivoter de nouveu face à lui pour voir son expression. Il avait posé son poing sous son menton, un peu dans le style le Penseur de Rodin. Mais en mille fois plus beau.

-Une simple copie ne saurait être à la hauteur de l'originale. Voila ce que je pense, moi.

Il s'était tourné vers moi non seulement pour voir ma réaction, mais aussi pour donner plus de poids à ses paroles qui en avait déjà tellement pour moi.
Il venait de me dire qu'il me trouvait belle, que la fille sur ce portrait était bel et bien la façon dont il me voyait. Que c'était moi.
Son regard était tellement sincère que cela me boulversa et que je sentis mon bas ventre se contracter avec force.
Je détournai alors directement le regard, passant du plancher poussiéreux et peinturluré au portrait de moi -tout sauf lui.
A chaque fois que mon regard revenait sur la toile, je restai stupéfaite. J'étais si naturelle sur cette représentation de moi, et pourtant magnifique. Et il venait de me dire qu'il me trouvait encore mieux en vrai. Je n'arrivais pas à y croire.
Il s'approcha encore plus de moi, et posa sa main sur mon épaule qu'il pressa légèrement, comme s'il avait peur de me briser. Je sentis mon coeur s'emballer, faisant tellement de bruit que j'étais certaine que lui aussi l'entendait.

-Loin de tout narcissisme, si vous l'aimez, vous pouvez emporter ce tableau, Rose. Il serait plus à sa place entre vos mains que dans ces combles.

Pendant un instant, sa proposition me laissa figée sur place. J'eus la terrible envie de dire "oui"- après tout ce tableau était superbe- puis je me mis à réfléchir. J'habitais dans un quartier assez pauvre à cause de mes faibles moyens. La sécurité était au plus faible, les murs tellement fins que j'avais l'impression de vivre avec le couple d'à côté qui ne faisait que se disputer et se rabibocher directement de la façon la plus charnelle qui soit. Ce n'était définitivement pas le luxe dans lequel j'avais grandi, mais c'était chez moi, un endroit partiellement calme où je pouvais réfléchir, seule et tranquille. Mais je devais avouer que depuis quelque temps, que préférais la maison de Lucan à cet endroit. Si on venait à me cambrioler, je ne perdrais pas grand chose, sauf si la peinture s'y trouvait.
Ma décision prise, j'osai enfin lever les yeux vers lui sans les baisser, calme et sincère, et je lui offris un sourire, le vrai, celui représenté sur cette représentation, et que je savais si rare.

-Je ne peux pas accepter, Lucan. Pas parce qu'il ne me plait pas, c'est tout le contraire, ajoutai-je en me mordillant la lèvre inférieure, inquiète qu'il pense cela, mais parce que je ne possède plus rien de précieux et que je le préfère en sécurité chez vous. C'est trop beau pour que j'accepte de vous le prendre, terminai-je avec franchise et douceur, Mais… merci.

Je ne me reculais pas, je voulais qu'il voit combien je ne voulais pas le vexer, combien sa proposition m'avait fait plaisir et qu'il m'avait été dur de la décliner. Mais je savais que j'avais fait le bon choix, et, quelque part, savoir que cette représentation de moi restait là, sous ses yeux, me donnait des frissons de plaisir. J'aurais dû avoir honte, mais sa proximité m'en empêchait. Ne le lâchant pas du regard, j'entrouvris mes lèvres, attendant sa réponse, impatiente et angoissée à la fois.


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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Mar 26 Juil - 16:19

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Il me sembla rapidement que j'avais mis ma petite employée dans un curieux embarras quant à cette peinture et son devenir. Car bientôt en plus de la teinte de plus en plus rosie de ses joues, arriva la furieuse cavalcade à laquelle s'adonnait son cœur dans sa poitrine de femme. Je mis un long moment à m'interroger sur le pourquoi du comment de cette soudaine tachycardie. Ou le portrait lui plaisait trop et c'était là une brusque explosion de joie, ou c'était l'inverse et une panique réelle qui résonnait dans son corps, ou encore... Moi. Dans cette hypothèse et attendant sa réponse je laissais donc retomber ma main, écartant d'elle ma présence vampirique parfois réellement insupportable pour les humains. J'avais à peine fait ce geste, qu'elle me souriais fugacement, ce sourire pur et inné qu'elle ne laissait échapper que trop rarement, méticuleuse et concentrée comme elle l'était en quasi permanence.

-...mais parce que je ne possède plus rien de précieux et que je le préfère en sécurité chez vous. C'est trop beau pour que j'accepte de vous le prendre... Mais, merci.

Sa phrase était si déconnectée de notre récent contexte que je ne pu me retenir d'éclater de rire, moi chez qui l'on venait de s'introduire dans le but de me voler, rappelons-le ! Je rejetais la tête en arrière et cédait volontiers à mon hilarité, tandis qu'une infime part de moi - celle n'étant pas rendue à se gausser - espérait que ma pauvre petite blonde ne prendrait pas ombrage de mon brusque emportement à ses dépends. Je finis par recouvrer quelque peu mon sérieux et croiser le regard incrédule de ma blonde employée. Roulant des yeux, je la fixe d'un air entendu et m'exclame :

-En sécurité ? Chez moi ? Rose ! Ne venez vous pas de passer vingt longues minutes dans cette pièce sordide par la faute d'un cambrioleur sous ce même toit ?! Je ris de nouveau en l'entraina par l'épaule en direction de la porte, Je comprends cela dit ce à quoi vous désirez en venir. C'était peut-être indélicat de ma part de vous faire une telle offre... Vous êtes si jeune. Soupirais-je en m'effaçant pour lui laisser le passage, m'engageant à sa suite.

Il est vrai que comparé à elle je m'adonne et trouve mon plaisir dans des activités qui doivent lui sembler d'un autre âge, et être à des kilomètres d'elle. Je ne viens cependant pas de proposer une peinture à une jeune fille qui rêve du dernier portable à la mode, je sais que Rose a des valeurs, une culture, et une éducation qui lui permettent de mesure la portée des choses auxquelles le vieil homme que je suis affectionne s'adonner. Nous arrivons en bas de mes interminables escaliers, et elle s'arrête avec appréhension, regardant de part et d'autre de l'escalier, puis fixant de ses yeux inquiets la porte d'entrée restée entrouverte depuis l'effraction.

-Vieille maison, vielle serrure. Déplorais-je dans son dos, Je ferais mettre dès demain une nouvelle serrure, à trois points. Ainsi vous, votre tableau, et moi même pourrons profiter de cette demeure en toute sécurité. Annonçais-je sur un ton d'excuse en raison des remords m’assaillant face à ce stupide accident que j'aurais pu éviter. Tout comme le cadavre dans mon congélateur.


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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Mer 27 Juil - 21:23

Je le regardai avec ébahissement rejeter la tête en arrière pour éclater de rire. Premièrement, je ne voyais pas en quoi mes paroles pouvaient être drôles, deuxièmement parce que le voir rire de cette façon était tellement rare… Je le regardai faire, toujours stupéfaite, mais profitant du spectacle et mémorisant sa façon de faire comme s'il n'allait pas recommencer avant longtemps. Lui, si pensif, si calme, si silencieux ! Non, ça n'arrivait presque jamais, autant profiter du moment.
C'est alors qu'il roula des yeux et me regarda d'un air entendu.

-En sécurité ? Chez moi ? Rose ! Ne venez vous pas de passer vingt longues minutes dans cette pièce sordide par la faute d'un cambrioleur sous ce même toit ?! Je comprends cela dit ce à quoi vous désirez en venir. C'était peut-être indélicat de ma part de vous faire une telle offre... Vous êtes si jeune, soupira-t-il.

Oui, sa réaction était logique dans un sens… si on oubliait où j'habitais moi. Sa vieille serrure était encore mille fois meilleure que la mienne… Le pire c'est que c'était vrai.
Mais je n'eus pas le temps de répondre qu'il m'attirait déjà vers la sortie, riant de nouveau.
Néanmoins, sa dernière phrase m'avait dérangée… Si jeune ? Je n'avais que six ans d'écart avec lui.
Je l'observai discrètement, plongé dans ses pensées, me demandant ce qui pouvait bien lui passer par la tête. Heureusement, je ne l'avais pas vexé, c'était une chose, mais d'un autre côté, sa réaction prouvait que j'aurais dû lui cacher le fait que je me sentais plus en sécurité ici alors qu'il venait d'être victime d'un cambriolage raté. Quant à l'idée qu'il pense que la toile ne m'intéressait pas, elle me révulsait : avec mon éducation, j'avais toujours vécu dans une époque différente, celle où le monde était encore basé sur l'art, et non sur la technologie qui n'existait pas à cette époque. Je préférai d'ailleurs largement une bonne lecture à des sms enragés entre jeunes partageant des potins. Avec une moue, je réfléchis à comment je pourrais me rattrapper quand nous arrivâmes en bas de vieux escaliers que j'avais monté à toute vitesse une heure plus tôt. Par réflexe, je regardai rapidement autour de moi, mon regard passant de la porte à l'endroit où j'avais vu disparaitre le voleur. Ne voyant personne, je me détendis alors que la voix de Lucan résonnait dans mon dos.

-Vieille maison, vielle serrure. Je ferais mettre dès demain une nouvelle serrure, à trois points. Ainsi vous, votre tableau, et moi même pourrons profiter de cette demeure en toute sécurité.

Je souris, me tournant vers lui alors qu'il semblait rongé par les remords. Pourquoi ? Rien n'avait été volé, aucun de nous était blessé et je venais de découvrir son talent caché, ainsi que le portrait qu'il avait fait de ma personne. Maintenant que j'y repensais, je ne regrettais pas une seconde cette intrusion.

-Je penserai tout de même à garder un scapel avec moi, plaisantai-je en souriant furtivement. Et, quand je voulais dire "en sécurité chez vous", Lucan, cela signifiait que la sécurité de mon appartemment est encore plus faible que celle offerte par votre vieille serrure, annonçai-je avec un haussement d'épaule.

J'avançai alors vers les plantes, pas loin de lui, ne désirant pas que cette conversation se termine. Je voulais juste occuper mes mains et un peu de mon esprit pour oublier ce que cet homme faisait de moi et de mes nerfs. Discuter tout en m'occupant de la Folle serait une meilleure idée. D'ailleurs, en parlant de la Folle, celle-ci tenta de me mordre la main au passage, ce qui lui valu une petite pichnette de vengeance, suivit d'un sourire espiègle.

-Pas touche, ma belle, lui murmurai-je avant de relever mes yeux vers Lucan, toujours au même endroit, attendant qu'il dise quelque chose.
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Dim 14 Aoû - 12:44

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-La sécurité de mon appartement est encore plus faible que celle offerte par votre vieille serrure.

Cette phrase de ma douce employée ne manqua pas de rappeler à elle ma concentration déjà disparate et aspirée à d'autres pensées. Rose vivait-elle dans un de ces quartiers malfamés ou feu de poubelles et sirènes de polices rythment les nuits sans discontinuer ? Il est vrai qu'en raison de ses tenues soignées, tout comme le reste de sa personne, et de cette pointe d'éducation aristocrate que je sentais chez elle, je l'avais naturellement imaginée issue d'un milieux aisé, et côtoyant des logements certes étudiants, mais néanmoins de conséquences. Je réalisais alors pour la première fois que si je m'étais brièvement intéressé à ses études de médecine au début de notre association, je ne l'avais en revanche, jamais interrogée sur sa vie, sa famille, son quotidien plus simplement. Ce n'était pas qu'une marque de respect de ma part pour sa vie privée, c'était, et j'ai honte de m'en apercevoir, un profond manque d'intérêt puisque je pensais déjà tout savoir d'elle rien qu'en l'ayant observée et étudiée. Mes yeux contre la parole... Lucan mon vieux camarade, tu deviens sacrément con et borné.

-Si je considère le fait que l'on entre ici comme dans un moulin, c'est pour le moins inquiétant. Commentais-je, l'observant aller taquiner la plus grosse et la plus vorace de mes plantes mangeuses de chair.

Moi qui avais supposé que ce job étudiant lui servait probablement à s'acheter un supplément de beignets à la cafétéria ou encore le dernier sac à main à la mode, me mis à réaliser que c'était peut-être là son seul revenu, son seul moyen de vivre ! Un doute s'insinua en moi : la payais-je assez ? Quel était le coût moyen de la vie de nos jours ? Je devais avoué que j'étais resté sacrément en arrière de ce côté là, pas vraiment inquiet pour ma personne et mes dépenses puisque j'ai derrière moi plus de deux-cent ans passés à cotiser. Reste qu'aujourd'hui comme hier l'argent reste un tabou pour la société, je me réservais donc d'aborder directement le sujet avec elle.

-Je ne vous l'ai jamais demandé, Rose, mais... où vivez vous ?

Je me retiens de justesse de rajouter "et vivez vous bien ?", car je pressentis qu'elle pourrait en prendre ombrage. Je m'approchais dans son dos, essayant de produire un faible bruit de mes pieds nus sur le sol, chose non aisée pour un être qui comme moi est habitué à se mouvoir en silence. D'une tape, elle réprimanda curieusement la plante a avoir fait mine de la mordre. Comment lui dire que le végétal n'en retirerait nulle leçon ? Je souris et admirait une fois encore les diverses nuances de prune, vermeil, rosé et vert anis à colorer la gueule dentée de ladite plante. Je dois être le seul à la trouver belle, et ne pas lui tenir rigueur de ses longues épines sertissant sa "mâchoire" et servant à capturer définitivement ses proies... De l'index, je viens caresser la plante un peu comme un insecte venu se promener sur sa surface sucrée. Je ne comprends pas les précautions de Rose par rapport à ma chère plante tropicale, certes elle n'est pas inanimée, mais même pour un humain, elle se referme avec une telle lenteur sur sa proie que quiconque aurait tôt fait d'ôter sa main. Tout à mes pensées, je cherche quelques instants le regard de Rose, attendant la réponse a ma question quand je vois ses yeux s'agrandir brusquement.

-Ah ! Diable qu'elle est coriace !
M'étonnais-je, comprenant soudain que ma présumée plante plus lente qu'un escargot a trouvé le moyen de planter ses petits pics dans l'épiderme de mon doigt. Du moins en apparence, puisqu'en réalité il n'en est rien, et si elle pouvait ressentir la douleur la demoiselle carnivore aurait bien mal aux épines !

Les yeux levés au plafond, pas très innocent j'en conviens, je range les mains dans mes poches et revient à elle, espérant qu'elle préfère répondre à ma question que s'attarder sur les quelques épines déformées de ma plante carnivore. j'espère que ça se remettra bien, elle est jolie tout de même celle "Folle" comme l'appelle si bien Rose.
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MessageSujet: Re: Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]   Dim 28 Aoû - 15:50

Le fait qu'il ne réponde pas de suite à ma phrase me fit comprendre qu'il analysait mes mots. Lui qui -je l'avais très bien compris- analysait mieux que personne n'avait donc pas remarqué que je sortais de l'école directement pour aller chez lui, où je passais mes soirées, la plupart du temps ? Ma vie sociale était un peu à un point mort, je devais l'avouer, et cela se remarquait assez vite. Quant à ma vie amoureuse… je n'y pensais même pas.

-Si je considère le fait que l'on entre ici comme dans un moulin, c'est pour le moins inquiétant.

C'est le moins qu'on puisse dire, pensais-je avec tristesse, regrettant mes anciens habitats, tout en sachant que mon studio minable était pour moi le seul moyen de continuer d'étudier ce qui me passionait vraiment dans la meilleure école possible.
Je sentais son regard posé sur moi. Je savais ce qu'il devait se demander, aussi je ne me sentais pas prête à affronter son regard si beau, si doux, et pourtant tellement direct.
Je le sentis pour la première fois s'approcher de moi, ses pieds faisant doucement grincer le parquet. Normalement, il était si discret que je ne le remarquais uniquement que quand il entrait dans mon champ de vision.

-Je ne vous l'ai jamais demandé, Rose, mais... où vivez vous ?

Je me raidis, non seulement à cause de sa question, mais aussi à cause de sa présence dans mon dos, si proche. Une partie de moi brûlait de venir caler mon dos contre son torse, mais l'autre -la raisonnable- m'en empêcha.
Ma première envie fut de lui mentir en lui assurant le contraire du fait que je venais pourtant clairement de lui énoncer. C'était idiot, il comprendrait directement que je mentais. Aussi, ne répondis-je pas tout de suite, observant sa belle main caressant avec douceur La Folle. Je vis son regard chercher le mien comme il le faisait souvent, me troublant à chaque fois, mais mes yeux s'étaient déjà écarquillés en remarquant la sournoise de plante ouvrir discrètement la bouche et planter ses piques dans le doigt de son maître.

-Ah ! Diable qu'elle est coriace ! s'étonna-t-il, me faisant sourire car je savais très bien qu'il ne fallait pas sous-estimer La Folle, l'ayant moi-même fait à mes dépends.

Il leva les yeux au plafond, cachant directement sa main dans sa poche avant que je n'ai eu le temps de pouvoir l'examiner. Voyant qu'il n'avait pas l'air de souffrir, je n'insistai pas pour regarder même si le médecin en moi ne pensait qu'à ça.

-Je… Commençai-je, les yeux rivés sur la Folle sans vraiment la voir -tout plutôt que le regarder lui. Dans le quatrième arrondissement, finis-je par répondre dans un murmure.

J'avais honte d'admettre que je vivais dans un quartier si riche en divertissements -qui me tentaient tout le temps sans que jamais je ne puisse y mettre un pied- et pourtant si pauvre niveau habitat et population. Les habitations étaient toutes identiques à la mienne, voire même pires. Au début, j'avais été scandalisée par le niveau de vie de ce quartier. J'avais même hésité à céder au chantage de mes parents avant de prendre mon courage à deux mains et d'emménager. "Ca ne coûte rien d'essayer", m'étais-je répété pour me rassurer.
Concentrant mon attention sur la plante carnivore, je remarquai alors qu'elle semblait anormalement gentille, comme si elle avait peur de s'en prendre de nouveau à Lucan. Etrange.
Levant les yeux enfin vers lui, au comble de l'embarras, je décidai de changer de sujet en tendant la main vers lui, espérant qu'il me montre son doigt mordu.

-Vous avez mal au doigt ? demandai-je doucement en me mordillant la lèvre inférieure.

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Un sanglant coup de pinceau [Ft. Rose Blake]

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